La nouvelle crèche Les Bisounours à Roquefort, gérée par People & Baby en délégation de service public (DSP 22 septembre 2022), a été officiellement inaugurée le mardi 28 janvier 2025. Ce contrat, valable pour 12 ans, a débuté le 1er janvier 2023. Ce projet de plus de 2 millions d’euros sur concession et terrain de l’Agglo (ce terrain appartenait à la commune de Roquefort et a été cédé à l’euro symbolique à l’Agglomération d’Agen, lors du mandat de l’équipe actuelle et le scandale des crèches P&B rendu public*) a ouvert ses portes le 30 décembre 2024 après des travaux commencés en 2023. L’inauguration a réuni des représentants de l’Agglomération d’Agen, du maire de Roquefort, de la CAF, du groupe People & Baby et du personnel de la structure.
La crèche, conçue selon un projet pédagogique intitulé Génération Durable, dispose de 41 places pour les enfants de 2 mois et demi à 6 ans, réparties sur 424 m² (265 m² dédiés aux enfants). Elle propose des espaces innovants, dont un jardin pédagogique, un enclos pour des chèvres destiné à favoriser les liens affectifs et le développement émotionnel, ainsi qu’un accès facilité par un ascenseur et un escalier. L’équipe est composée de 14 professionnels qualifiés, dont une directrice infirmière-puéricultrice, une éducatrice, une infirmière, trois auxiliaires de puériculture et huit professionnelles diplômées CAP petite enfance.
* Le groupe de crèches privées People & Baby est au cœur d’un scandale majeur qui s’est déroulé sur plusieurs années, marqué par des faits de maltraitance, des dérives financières et une crise judiciaire et sociale croissante.
Décès d’un bébé en 2022
Le scandale a pris une ampleur nationale en juin 2022, lorsqu’une fillette de 11 mois a été tuée dans une micro-crèche de Lyon appartenant au groupe, par une salariée utilisant du Destop. Ce drame a déclenché une vague d’indignation et une saisie par l’inspection générale des affaires sociales (Igas).
Révélations dans les livres-enquête
En septembre 2023, le livre Les Ogres de Victor Castanet a mis en lumière les méthodes contestables du groupe : falsification de présences d’enfants pour toucher des aides publiques (CAF), pression sur les concurrents (comme Saperlipopette), et une logique de rentabilité maximale au détriment de la qualité d’accueil. Le livre a également révélé des pratiques d’« optimisation » des coûts, notamment sur les repas et les couches.
Crise financière et procédure de sauvegarde
Fragilisé par les révélations, le groupe a annoncé le 19 novembre 2024 le lancement d’une procédure de sauvegarde accélérée devant le tribunal de commerce de Paris, afin de restructurer son passif et assurer la continuité des services. Cette décision survient après des retards de paiement des salaires (notamment en octobre 2024), des fournisseurs non payés, et une perte de confiance.
Enquêtes judiciaires et plaintes
En novembre 2024, l’association Anticor a porté plainte pour escroqueries, détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et fraude fiscale. Le parquet de Paris a ouvert une enquête. L’association allègue que 2,1 millions d’euros auraient été détournés via le chômage partiel durant le Covid, malgré le travail de 300 cadres. En octobre 2024, deux anciennes salariées ont été condamnées à 10 mois de prison avec sursis pour violences sur des enfants. En juin 2025, un salarié a été accusé d’agressions sexuelles sur des enfants dans deux crèches de Lyon, révélant une gestion controversée des signalements et de la réintégration du professionnel à son poste malgré ceux-ci.
Gestion et responsabilités
Christophe Durieux, fondateur et ancien président, a été évincé en avril 2024. Il est soupçonné d’abus de biens sociaux via des sociétés immobilières liées au groupe. Philippe Tapié, nouveau président, affirme une « transformation profonde » et une volonté de « refonder le groupe sur des bases saines ».
Conséquences sociales
Les familles, les salariées et les autorités publiques sont profondément préoccupés. Les crèches du groupe, qui comptaient 590 structures en France, sont devenues symboles d’un secteur de la petite enfance en crise, marqué par la libéralisation excessive, la pression financière et la dégradation des conditions de travail.
Le cas People & Baby illustre aujourd’hui une crise éthique qui remet en question les modèles de gestion des crèches privées en France.
En 2025, le groupe People & Baby a connu une détérioration accélérée de sa situation :
En mars 2025, le plan de sauvegarde de l’entreprise a été homologué par la justice. Le 1er avril 2025, a débuté le procès de l’ancienne salariée de Lyon accusée du meurtre du bébé avec du Destop, devant la cour d’assises du Rhône. Le 24-25 avril 2025, le groupe a annoncé un plan de redimensionnement : fermeture de 44 crèches d’ici la fin août 2025, sur un total de 530, afin de « garantir sa pérennité ». Le groupe est désormais contrôlé à plus de 99 % par le fonds d’investissement Alcentra, qui a repris la majorité du capital après la conversion de sa dette. En septembre 2025, le journaliste Victor Castanet révèle que les fondateurs, Christophe et Odile Durieux, poursuivent leurs activités dans le secteur via une nouvelle structure, Born to be, malgré les scandales. Et la page consacrée au financement et à l’inauguration de cette crèche a disparue du site officiel de l’Agglo d’Agen… (https://www.agglo-agen.net/en-ce-moment/actualites/actualite/inauguration-de-la-nouvelle-creche-bisounours-a-roquefort)
Le scandale s’étend donc au-delà de 2024, marquant une crise structurelle du modèle économique et une incapacité des autorités à encadrer les dérives du secteur privé de la petite enfance.
Extraits dans les médias :
Publié
https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/lyon_69123/lyon-un-salarie-d-une-creche-people-amp-baby-accuse-d-agressions-sexuelles-sur-des-enfants_62790477.html
Publié le 22 novembre 2024.
La défiance des professionnelles de la petite enfance demeure au sein du groupe de crèches privées lucratives placé en procédure de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Paris le 19 novembre dernier. Touchées par des retards de paiement de salaire d’octobre, les salariées dénoncent, dans un questionnaire du SNPPE, un « climat général de méfiance et de crainte de représailles ».
https://www.humanite.fr/social-et-economie/creches/people-baby-de-la-crise-judiciaire-a-la-crise-sociale

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